Ce travail se développe dans quelques champs et
directions principaux : la prolifération, le déterminisme linguistique, le
thème de l’eau, le matériau plastique et l’échange Orient-Occident (
Asie-Europe, Taoïsme et pensée ou théorie française ).
Proche de Félix Guattari*, familier de sa pensée et de celle de
Gilles Deleuze, Olivier Fontaine construit son œuvre à partir d’une expérience
et d’une invention de soi comme "multiplicité". Cela produit des
œuvres diverses, organisées en ensembles où territoires disjoints, ouverts,
traversés par un même souffle, une même énergie, de la démultiplication, du
rhizome, de la dérive.
A certains égards, l’œuvre s’apparente dans sa genèse à celle
de Raymond Hains. Comme elle, elle tend à une forme d’abstraction, d’obsession
du sujet. Comme elle, elle révèle derrière la diversité et ses expériences
formelles une grande cohérence. Un univers se fabrique ainsi dans l’atelier, et
l’œuvre de l’artiste confine ce faisant à ce qu’Harald Szeeman aurait pu
accueillir dans son « musée des obsessions ».
Olivier Fontaine a en effet beaucoup travaillé. Relativement à
l’écart des réseaux marchands comme institutionnels, il a construit un système,
inventé un langage. Comme tel, il me semble mériter attention et bénéficier des
soutiens nécessaires afin de publier, d’exposer et bien sûr de développer
encore son œuvre dans les nombreuses voies où, avec opiniâtreté, il s’emploie à
la faire croître et multiplier.
Guy Tortosa 2007
* voir à ce propos Olivier dans "Joséphine" de Jean Rolin, éd. Gallimard
« ...
l'univers très personnel qu'il s'est "inventé" (au
sens ou l'on invente une grotte ou une caverne) et qui lui permet
d'explorer diverses pistes où la technologie et ses
"matières
plastiques" rejoint des thèmes plus classiques comme
l'onomastique ou la calligraphie ou sigillographie
chinoises... » Jean-Jacque
Salgon 2009
« The future is now
thanks to Kodjo Afate Gnikou, a resourceful inventor from Togo in West
Africa, has made a $100 3D printer which he constructed from parts he
scrounged from broken scanners, computers, printers and other e-waste.
The fully functional DIY printer cost a fraction of those currently on
the market, and saves environmentally damaging waste from reaching
landfill sites... with Eric Vernhes and Olivier Fontaine »
publication de Ève Couturier sur Fb déc 2013
olivier/OLOF/fontaine un parcours artistique
Je me
définis comme artiste de la combinatoire parce que les différents
circuits que j’ai construit inter-agissent entre eux, évoluent et
s’enrichissent. Au départ, pour me présenter, j’aime dire que je suis
de la première génération des lego, de l’enfance du plastique à la
fin des 60’s. À l’adolescence, j’avais construit pas mal des cabanes,
j’aimais bricoler et réalisais un diorama avec scratches de maquettes.
Pour mes études, je me retrouve au lycée à aprendre le dessin
technique et l’utilisation de machines-outils. Après mon bac en 81,
virage à 180 degrés, je file à Lyon pour la fac de musicologie à
option scientifique et se sera la classe de composition en
acousmatique qui parachèvera 7 ans après cette formation. Je n’ai éte musicien qu’à moitié et m’intéressais plutôt aux à-côtés
des objets sonores, aux Beaux-Arts (l’art conceptuel et cinétique) et
je projetais des idées originales. En parallèle à une oeuvre sur
bande magnétique, je présentais au jury du conservatoire le projet
d’une grande installation mécanico-acoustique. Sans studio, les
débouchés furent ensuite problématiques. Comme je faisais des
sculptures miniatures par plaisir, elles me procurèrent du travail
et je montais m’installer À Paris. Je fais mon trou dans le décor,
les accessoires, les effets spéciaux et pendant ce temps, le
numérique arrivait. Mon expérience dans le son déboucha sur des
projets d’installations d’automates avec phénomènes de
vision/écoutes, aquariums, interfaces, conteneurs, mais ces projets
sont trop chers à produire et ne se réalisent pas. Je fais autrement
dans mes installations miniatures qui s’expansent.
La
sculpture d’assemblages change d’espace et devient plane. Ce
procesus permet des mélanges d’échelles, de meilleurs oscillations
entre l’abstrait et le concret où j’emploie des pièces colorées en
plastique comme matière première. Si bien que dans la vie, je fais de
belles rencontres et
c’est le système des expo-galerie-centres-d’arts. Sauf que je me
tourne vers des recherches plus autonomes et au tournant du
millénaire, je m’installe dans un atelier plus grand. Pour alimenter
mes sculptures je pars glaner des pièces détachées tout en explorant
des pays exotiques. C’est la période des grands paysages bas-reliefs,
c’est le début de la constitution de mon vocabulaire de tampons.
Deuxième grand vecteur à mon esprit créatif, je m’intéresse aux
conséquences sociètales qu’induisent mon identité. L’image
enchanteresse et bucolique est à prendre en compte et c’est aux
alentours de mes trente ans que j’ai commencé plus sérieusement à y
travailler. Je trouvais des résultats prometteurs, découvrais les
premières reliques. Avec mon pseudonyme premier OLOF, j’inaugurais ces
développements dans les 90’s, décryptais, analysais la culture
subjectivement et traçais un chemin en inventant ma (pseudo)
mythologie personnelle, avec classifications, organigrammes,
fabrication d’accessoires. Je prends en photo des saynètes avec mes
personnages puis je traite les images numériquement. Je me monte mon
site web qui devient une plateforme de travail notamment pour mes
documentaires qui eux aussi sont constamment évolutifs (voir Folowolof
; Écommoy, Écho moi ; SGS), et tout cela prenant des tournures
langagières oulipennes franglishes et plus encore ! Les procédés
dans cette encyclopédie me décalent et mes registres avancent de
concert.
novembre 2014